Quand vient le temps de choisir un courtier, un notaire ou un évaluateur, le premier réflexe est presque universel : on regarde la note Google et le nombre d'avis. C'est rapide, c'est rassurant… et c'est trompeur.
Le nombre d'avis ne mesure pas la compétence d'un professionnel. Il mesure son exposition au public. Et selon la profession, cette exposition varie énormément — au point de pénaliser injustement certains des experts les plus chevronnés.
Un écart de 1 à 6,5 entre les professions immobilières au Québec
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. D'après une étude sur les avis Google des experts immobiliers au Québec, qui compare l'expert le mieux vérifié de chaque marché, la médiane d'avis varie du simple au sextuple selon le métier :
| Profession | Médiane d'avis |
|---|---|
| Inspecteurs en bâtiment | 187 |
| Courtiers hypothécaires | 133 |
| Courtiers immobiliers | 123 |
| Notaires | 76 |
| Évaluateurs agréés | 19 |
Un courtier immobilier a donc, en médiane, 6,5 fois plus d'avis qu'un évaluateur agréé. Pourtant, personne ne dirait sérieusement qu'un évaluateur est 6,5 fois moins compétent.
Pourquoi certains experts immobiliers au Québec ont très peu d'avis Google ?
La vraie explication tient à qui engage le professionnel.
L'inspecteur et le courtier travaillent directement avec l'acheteur ou le vendeur — un particulier, content (ou non), qui laisse un avis. L'évaluateur agréé, lui, est le plus souvent mandaté par une banque, un avocat ou un tribunal. Son client n'est pas l'occupant de la maison : il ne laisse presque jamais d'avis Google. Même chose, en partie, pour le notaire.
Le paradoxe de l'évaluateur
L'évaluateur agréé est le professionnel le plus expérimenté de tout l'échantillon — 23 ans de pratique en médiane — tout en affichant le moins d'avis (19) et la note moyenne la plus basse (4,39). Plus d'expérience, moins d'avis. Le compteur Google ne raconte tout simplement pas la même histoire que le CV.